• nathaliegirauddesf

Témoignage : désir et contraception hormonale, une libido à zéro

Quand désir et contraception hormonale ne font pas bon ménage… Il m’arrive de recevoir dans mon cabinet de sexothérapie des femmes qui souffrent d’un trouble du désir sexuel et qui n’en comprennent pas l’origine. Entre autre cause, la méthode contraceptive utilisée peut avoir un rôle majeur souvent négligé dans le diagnostique médical. Ici le témoignage d’une de ces femmes qui revient d’une longue période de “non envie”, d’appétit sexuel inexistant, qui n’avait aucun sens pour elle et son mari jusqu’à ce qu’elle change de contraception.

Le jour où j’ai dit adieu à la contraception hormonale définitivement

Je m’appelle Jennifer et j’ai 41 ans. Je suis maman et mariée depuis plus de 15 ans. Et ce que je m’apprête à vous raconter,  je ne souhaite jamais le revivre parce que j’ai l’impression de m’être réveillée d’un long sommeil et d’être enfin moi ! Et vous voyez,  cela ne m’était pas arrivé depuis plus de 5 ans…

A la naissance de mon deuxième enfant, nous avons décidé avec mon mari que nous ne voulions plus d’enfant.

Désir et contraception hormonale = calme plat dans mes envies

N’ayant pas l’âge pour une contraception définitive, mon gynécologue m’a conseillé l’implant contraceptif ultra pratique puisqu’il est inséré dans le bras : après pas besoin de s’en préoccuper pendant quelques années. Entre deux et trois ans, pas de règles, pas d’inquiétude. Effectivement,  sur  plusieurs mois, je n’ai pas eu en m’en plaindre et pour cause je n’ai pas vu les choses arriver.

Au bout de quelques mois,  je me suis aperçue des changements qui s’opéraient dans mon corps.  Au delà du fait que je n’avais plus de règles,  j’avais une impression désagréable de calme quand je dis calme, cela signifie que je ne ressentais plus rien, plus d’envies, de désir, d’excitation, une véritable libido endormie.

Petit à petit je me suis mise à me désintéresser de la sexualité et progressivement à en ressentir du dégout.

Désir et contraception hormonale : modification du comportement

En même temps, je savais que mon comportement n’était pas normal puisque ce non désir voire ce dégoût, n’avait jamais été dans mon tempérament . Je l’ai d’autant mal vécu que j’avais une sorte de jalousie envers les femmes qui étaient épanouies sexuellement.

Je ne me comprenais pas, je ne me reconnaissais pas et pourtant je ne pouvais rien y faire.  Comme je le disais, l’envie ne montait pas en moi, j’étais endormie et même lorsque mon mari tentait une quelconque approche je le ressentais comme une agression  et non comme une preuve d’amour envers moi, sa femme.

Désir et contraception hormonale : les effets indésirables

J’ai essayé beaucoup de chose pour m’en sortir en parlant à beaucoup de personnes, en allant visiter des forums sur Internet, en allant voir des spécialistes.

Les thérapies douces comme alternative ?

Certaines personnes ont bien essayé de m’aiguiller sur cette possibilité mais je n’y croyais absolument pas ! J’étais persuadée que puisque la sexualité c’est dans la tête, c’est donc moi qui avait un problème

Je pense que c’est parce que cette forme de contraception est vraiment pratique, je n’ai pas franchi le pas de retirer l’implant contraceptif.

Et puis un jour, j’ai lu tous les effets indésirables sur la boite.  Je me suis rendue compte que j’avais la “chance” (c’est  ironique bien sûr) de les avoir tous :

  1. chute de cheveux

  2. sautes d’humeur plus souvent chiantes qu’agréables malheureusement

  3. sécheresse vaginale

  4. et puis une libido qui avait prit la fuite.

Ce contraceptif a failli me mener tout droit au divorce et à la dépressions nerveuse.

Arrêt de la contraception hormonale, arrêt des troubles du désir

Et puis en juillet 2018,  j’ai pris la décision de retirer cet implant.

J’avais la conviction qu’il était la cause de tous mes problèmes. Je savais que je devais changer mon implant à la prochaine consultation. Si je voulais arrêter les hormones, il ne me restait plus que le stérilet en cuivre.  J’ai donc décidé d’en parler avec mon mari en priant de tout mon cœur que ce contraceptif soit la cause de tous mes problèmes.

Le jour de la consultation j’expliquais avec clarté ce qui m’arrivait et à mon grand soulagement la gynécologue me dit tout naturellement que oui,  il était fort possible que tout cela soit causé par mon implant !

Elle continua à m’expliquer que si la majorité des femmes supportent très bien les hormones, je faisais peut-être partie de la minorité qui ne les supportait pas. Elle me proposa donc de revenir pour effectuer le même jour le retrait de l’implant avec à la place une mise en place d’un stérilet en cuivre. Par bonheur ma maman l’avait eu et bien supporté donc j’avais une petite chance que la génétique joue en ma faveur…

Voilà j’ai décidé d’écrire ce témoignage après de longues discussions avec Nathalie Giraud Desforges qui est sexologue pour aider cette “minorité” d’autres femmes à retrouver elles aussi leur libido en supprimant les hormones si nécessaires.

Reprise de ma libido

Nous sommes mi-octobre et depuis un  mois je suis enfin moi-même ! Progressivement sans que je ne m’en aperçoive, mes fantasmes sont revenus avec mes envies de sensualité, mes pensées érotiques et cette montée agréable que j’avais oubliée!

C’est bon de me retrouver, de retrouver mon mari et cette sensation plaisante d’un désir qui monte progressivement, que j’avais oubliée. Je ne me lasse plus de la ressentir, mon dégout est totalement parti. Et même si  j’ai de nouveau  mes règles, je ne ressens pas de douleur. Je n’ai pas non plus des règles trop abondantes. Mais le meilleur du meilleur est que je sens mon corps, je ressens mon cycle : je ne pensais pas pouvoir me sentir aussi vivante !

Pour moi les hormones c’est fini définitivement ! J’ai tourné la page,  je suis redevenue une femme désirante, désirée et pleine d’envies !

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Nathalie Giraud Desforges

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