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Odeurs corporelles : les affriolants effluves du pouvoir

Imaginez qu’une femme ait le choix entre un vrai battant doté d’un excellent capital génétique – qui la quittera après l’avoir aimée – et un pantouflard franchement moins gâté côté gènes, mais qui élèvera ses rejetons. Que fera-t-elle ?

Idéalement, elle procréera avec le premier et fera élever ses enfants, à son insu, par le second. Eh bien, c’est exactement ce qui se passe dans la réalité, comme vient de le démontrer un groupe de recherche de l’université Charles, à Prague.

Le Dr Jan Havlicek et son équipe se sont demandé si, à l’instar des femelles d’autres espèces, les femmes étaient attirées par l’odeur corporelle des mâles dominants. L’attrait exercé par ces effluves joue un rôle important chez les êtres humains, notamment pour éviter les alliances consanguines. On sait que l’attrait d’une odeur est directement lié au sex-appeal de l’homme dont elle émane, et ce même lorsque l’empreinte olfactive est présentée indépendamment lors de tests. Mais on n’avait pas établi si l’odeur du pouvoir – ou du moins de la puissance – plaisait aux femmes.

La première étape consistait à déterminer qui pouvait être classé comme un mâle dominant.

Pour ce faire, les chercheurs ont eu recours au cobaye le plus utilisé au monde – l’étudiant fauché. On a demandé aux sujets d’évaluer entre autres leur tendance à corriger les autres, à vouloir contrôler les conversations et dépasser autrui. Dans leur article publié par Biology Letters, les chercheurs remarquent laconiquement que le caractère dominant étudié par ce questionnaire correspond à la personnalité narcissique de l’inventaire psychologique californien, instrument de mesure de la personnalité et du comportement couramment utilisé dans la gestion des ressources humaines.

Après s’être ainsi mis à nu, les volontaires devaient porter des bouts de coton sous les aisselles pendant vingt-quatre heures et laisser tomber curry, bière, cigarettes et autres délices estudiantines risquant d’influer sur l’odeur de leur sueur. Les chercheurs ont réussi malgré tout à persuader 48 jeunes gens de participer à l’expérience.

Les volontaires féminines, elles, avaient la belle vie. Elles devaient se contenter de humer les bouts de coton et de noter leur “intensité”, leur “sex-appeal” et leur “masculinité”. Elles devaient également signaler si elles étaient célibataires ou pas et se soumettre à un test de salive destiné à établir la phase de leur cycle menstruel.

Résultat de l’expérience : ces dames ont en effet trouvé l’odeur des dominants plus attirante que celle des lavettes, mais seulement dans certaines circonstances – quand l’intéressée, d’une part, était déjà engagée dans une relation, et qu’elle se trouvait, d’autre part, dans la phase la plus fertile de son cycle. En d’autres termes, l’odeur des mâles dominants ne présente un attrait supérieur que quand la femme est à la fois en mesure de concevoir un enfant et de cocufier son compagnon. Des études réalisées précédemment montrent d’ailleurs que les hommes dominants sont plus susceptibles de quitter une femme qui a un bébé.

The Economist, Londres Source : Courrier International – n° 776

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