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  • Nathalie Giraud Desforges

Sexothérapeute pour le magazine Parents

Dernière mise à jour : 18 janv.

Article publié le 28/09/2016 et mis à jour le 16/01/2023


Depuis le mois de juillet 2016, j’interviens comme sexothérapeute dans le magazine Parents.

Au sein de la rubrique “courrier”,  je réponds aux questions des lecteurs (et surtout des lectrices) au côté d’autres experts (pédiatre, psychologue, diététicienne-nutritionniste…) :

– Est-ce que je retrouverai du plaisir physique après l’accouchement ? me demande une future maman.

– Depuis l’accouchement je ne me sens plus femme, je ne reconnais plus mon corps, comment relancer le désir ? m’interroge une autre.

Des réponses que vous pourrez retrouver en ligne sur Internet prochainement. Et qui sont accessibles sur le magazine papier pour l’instant.

Sujet que je traite aussi dans le cadre de congrès médicaux, en particulier lors des  dernières “Rencontres à Deux Mains” de septembre 2016 à Marseille pour une conférence atelier sur "La sexualité dans le couple après l’arrivée de bébé"…


En attendant, voici quelques questions posée par la journaliste Estelle Cintas et mes

réponses


Nathalie Giraud desforges est sexothérapeute pour le Magazine parents

1) Mon mari n’aime pas me faire de cunnilingus, alors qu’il me demande souvent de lui faire une fellation. Est-ce normal ? Est-il dégouté par mon corps ?


En matière de relations sexuelles, il n’y a pas de règle absolue de réciprocité. Il faut en discuter ensemble pour voir ce que lui n’aime pas dans la pratique sexuelle du cunnilingus. Il n’y a pas à faire d’interprétations : cela ne peut n’avoir rien à voir avec vous. Peut-être a-t-il un dégout physique, qui remonte à une précédente relation. Que s’est-il passé avant vous ? Pour les préliminaires, vous pouvez réfléchir à d’autres choses : que peut-il faire avec ses doigts, pour vous caresser et faire monter le plaisir ?

2) Je ne jouis que lorsque je me fais pénétrer par sodomie, ou si je me caresse toute seule. Je me demande si je vais un jour jouir « normalement ».


Il faut que vous vous réjouissiez : c’est déjà très bien d’avoir du plaisir et d’arriver à l’orgasme, quelque soit la pratique ! Vous pouvez essayer l’Andromaque ou la levrette, pour pouvoir vous caresser en même temps. Il n’y a pas de « normalité » à rechercher en sexualité, ni d’orgasme qui serait supérieur à un autre. Toutes les pratiques se valent !

3) Nous n’arrivons pas à trouver des moments où faire l’amour avec mon mari. Moi j’aime le faire en fin plein milieu de la journée (sieste) alors que lui est très excité le soir, quand je veux dormir. Comment trouver un terrain d’entente ?


Il semblerait que chacun campe sur ses positions, en gardant vos horaires respectifs. Ce qu’il faut, c’est voir ce que chacun pourrait faire pour changer les choses. Changez vos habitudes ! Peut-être que vous pouvez envisager d’aller vous coucher plus tôt ? Peut-être qu’il faut changer de lieu pour redonner du piment ? Parlez ensemble des premiers temps de la relation : vous vous préoccupiez moins de l’heure ! Souvent, il faut repenser à ces premières fois pour retrouver l’élan !

4) Mon mari a souvent envie de faire l’amour, mais moi de moins en moins. Tout m’inquiète et me pollue la tête : les enfants, le travail, les problèmes de la maison. Je lui en veux de penser à « ça » et d’être aussi insouciant !


Clairement, il y a un déséquilibre dans votre couple. Comme il ne se rend pas compte de tout ce que vous faites il semble prendre les choses avec légèreté. Attendez de trouver un moment de calme et parlez-en ensemble : il faut que vous demandiez de l’aide, une aide précise à votre mari, pour essayer de partager cette charge mentale. Pour ressentir du désir, il est nécessaire de libérer de l’espace, de la charge mentale pour avoir du « temps récréationnel ». Vous avez surtout besoin de retrouver du temps pour vous !

5) Depuis que j’ai un stérilet, j’ai souvent des mycoses vaginales. J’ai essayé toutes les crèmes et ovule rien ne fonctionne. Et comme ça se transmet par les rapports, nous faisons de moins en moins l’amour, ou alors avec des préservatifs. Que faire ?????

En cas de mycose, il faut soigner les deux membres du couple. Sinon, à chaque nouveau rapport sexuel, vous vous contaminez l’un et l’autre à nouveau. Il ne sert à rien d’être seule à vous soigner. Chacun doit aller chez son médecin généraliste ou son gynécologue pour se faire soigner, et utiliser des préservatifs en attendant. A cette occasion, il peut être intéressant de vérifier s’il n’y a pas une possible allergie au latex !

6) A partir de 3, 4 mois de grossesse, je n’ai plus réussi à faire l’amour : ça me faisait mal ou au pire je ne ressentais rien. Ca m’a fait très peur du coup on a complètement arrêté. Est-ce que ma libido va revenir après la naissance ?

S’il y a une douleur, il ne faut pas persévérer. Le corps coupe la libido en cas de douleur. Il faut en discuter ensemble, très sincèrement, et remettre de la tendresse : qu’est-ce qu’il est possible de faire, massage ou autre, sans qu’il y ait pénétration ? L’important c’est de ne pas perdre ce lien.

La libido, ce désir de toucher et d’être touchée, reviendra d’autant plus facilement que le lien s’est maintenu.


7) Notre fille a deux ans et mon mari ne me touche plus du tout. Quand je lui en parle, il se ferme ou me reproche de ne plus faire d’effort. Je suis perdue.


Il faut en parler ensemble. Depuis combien de temps dure la situation ? Est-ce que votre mari a des problèmes au travail, y a-t-il une source d’inquiétude extérieure qui pourrait expliquer cette baisse de désir. Vous ne devez pas vous rendre responsable de cette baisse de désir, alors qu’elle est peut-être multifactorielle. C’est une des indications à aller rencontrer un sexologue. Si votre mari ne veut pas vous accompagner, parlez-en vous à un professionnel pour ne pas vous sentir seule dans cette situation difficile.


8) J’ai accouché depuis quelques semaines et j’ai l’impression d’être une coquille vide : mon mari ne s’intéresse qu’au bébé et pas à moi. Est-ce normal d’être jalouse de son bébé ?


Déjà, il faut dire, même si c’est parfois tabou, que cela peut prendre un peu de temps pour s’attacher à son bébé, alors pas d’inquiétude. En revanche, ne laissez pas ce baby blues s’installer, surtout si le lien n’arrive pas à se faire. Vous cherchez votre place : pendant 9 mois, vous étiez au centre de l’attention et cela peut être difficile à vivre. Ne restez pas seule ! Tournez-vous vers une sage-femme qui vous orientera vers une psychologue spécialisée en périnatalité. Il ne faut pas laisser la culpabilité ou le mal-être s’installer. Demander de l’aide, c’est important !

9) Est-ce que l’orgasme est dangereux pour le bébé ? Que ressent-il ? Et qu'n est-il de l'utilisation de sextoys ?


Le bébé est parfaitement protégé, par les membranes et par le liquide amniotique. Le bouchon muqueux, à l’entrée du col de l’utérus, offre une autre protection supplémentaire contre les infections. Concernant l’orgasme, tout ce que qui vous détend, vous procure du lâcher-prise et du bien-être est bon pour vous et donc est bon pour votre bébé ! Il n'y a pas non plus de danger à utiliser un sextoy pendant la grossesse à moins qu'elle ne soit à risque évidemment.


10) « Mon mari n'aime pas le sexe ! Est-ce normal ! Il n'aime que les câlins et les massages ! Dois-je m'inquiéter ? »


Déjà il faudrait que vous discutiez ensemble : que n’aime-t-il pas dans les relations sexuelles ? La pénétration ? De quoi avez-vous besoin ? Qu’est-ce que lui n’aime pas dans le coït ? Peut-être ressent-il de la douleur ? Certaines adhérences peuvent causer des douleurs. Il vous faut avoir plus de détails. Est-ce que cela a toujours été comme ça ? Peut-être aussi que votre mari souffre d’éjaculation précoce et évite la pénétration pour ne pas être confronté à cette situation.

11) A la fin de la grossesse, il parait qu’il faut que le père masse le périnée de la mère avec de l’huile de pépin de raisin pour éviter l’épisiotomie. Ca marche ou pas ?


Si cela se transforme en devoir et que votre mari le vit comme une contrainte, non il ne faut pas le faire. Mais si c’est un plaisir pour tous les deux, c’est une bonne idée, même si les études montrent que cela n’évite pas de manière systématique l’épisiotomie, qui est une intervention chirurgicale décidée par l’obstétricien au moment de la sortie du bébé. Utiliser une huile de noix de coco vierge ou de l’huile de calendula peut assouplir un peu les tissus des muqueuses, évitant un risque de déchirure.



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