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  • Photo du rédacteurNathalie Giraud Desforges

Garces russes

Ce n’est pas un jugement de valeur sur les femmes de l’Est et c’est pas moi qui l’écrit: c’était dans l’Express du 8 mars, un curieux article sur “Le très spécial cours Rakovski” qui côtoyait à une quarantaine de pages d’intervalles le dossier consacré à l’émancipation des femmes de l’hexagone et intitulé “Françaises, comme vous avez changé !

Comme il n’y avait pas de hasard de l’actualité dans ces deux reportages, j’ai trouvé la juxtaposition des articles pour le moins cocasse et… consternante. Ben voui, de la page 36 à la page 56 du journal, on nous apprend que les femmes françaises se sont émancipées, prises en main, avancent sur tous les fronts dont celui de la parité au boulot, que même si rien n’est gagné les progrès sont tangibles et là, badaboum, page 96 l’article qui tue!

Dans son intro, les deux journalistes nous racontent donc cette étrange école moscovite née sur les ruines de la Perestroïka et qui prospère dans un pays où, à tout le moins, “tout fout l’camp”.

Cette école baptisée par les Russes la “Bitch Academy“, l’école des garces, propose aux femmes (qui en ont les moyens financiers car les cours coûtent), de devenir de véritables salopes. Des coureuses de fric qui, pour s’en sortir affirment-elles n’ont d’autres solutions que de mettre la main au paquet des messieurs fortunés. Mais avec style, droit dans les yeux en visant le porte-monnaie. Il y a des leçons pour ça, des leçons de “séduction” dit le prof, un psychologue qui a flairé le bon filon. L’objectif, mettre un homme riche dans son lit, dans sa vie et s’assurer des lendemains qui chantent.

Car la femme russe n’a plus confiance en elle. Des décennies à porter le fichu et éponger les traces de vodkas rances n’aident pas à trouver “confiance en soi” et “féminité”. Séduire un homme, les Russes ne savent pas ou plus. Ont désappris. Et sont perdues dans les nouvelles règles libérales régissant désormais la vie amoureuse. Alors, celles qui ont de l’argent paient pour apprendre à laisser tomber leur sac à main, s’asseoir sur les genoux d’un homme, lui caresser la calvitie en lui murmurant des mots appris par coeur.

Pourtant, la donne a changé en Russie aussi : les femmes émancipées gagnent leur vie et s’achètent des appartements. Alors quoi, qu’est-ce qui cloche ? Le fric qui pue, tout simplement, car ces apprenties garces ne visent que le porte-monnaie, celui du milliardiare “si possible”, du député, de l’homme riche.

Je vous le disais bien : à une encablure l’un de l’autre, ces deux articles se répondent l’un signant la modernité, l’autre le retour au passé, quand tout était permis pourvu que cela mène au lit du roi.

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